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Procès Charlie Hebdo

Tak, tak, tak, Allah Akbar, tak, tak tak!

Voilà en substance les derniers bruits de ce jour de janvier ! Un bruit fort, le bruit fort de la mort. Le bruit de l'assassinat mécanique. Les bruits des assassinats au nom de Dieu, du Dieu des musulmans.

Charlie, Hyper Cacher….

Le procès de ces jours de 2015 débute et va durer deux mois. Deux mois pour comprendre les choses qui nous ont conduits à changer profondément nos vies, nos façons de vivre, et pour certains de mourir.

C'est le procès des hommes morts d'avoir tué des journalistes et des juifs, des civils et des policiers, le procès des complices de ce massacre au nom d'un califat aujourd'hui éparpillé de par le monde.

C'est le procès pour comprendre comment et pourquoi des gens sont morts, pour parler des terroristes abattus, et juger des complices en fuite lors du premier attentat de 2015. Il ne sera question que de la condamnation de quelques hommes, mais sans pouvoir juger l'idéologie dont ils ont été les terribles exécutants.

On ne juge que les Hommes vivants dans nos tribunaux, pas les idées, ni les courants politiques, les croyances ou les orthodoxies.

Mais pour juger il faut démontrer minute par minute, heure par heure, rouvrir la plaie de ces jours de janvier.

Tous, nous avons été saisis par l'acte, par la facilité de l'acte, par la puissance de l'acte. Tous nous nous souvenons où nous étions à l'annonce de l'attentat islamiste qui a décimé tant de personnes. Ces quelques jours nous ont fait basculer dans un monde dangereux où nos propres libertés nous exposent à la mort.

 

Charlie c'est l'expression de nos libertés. Ils sont morts d'avoir affirmé nos libertés. Pas pour des dessins ou des prises de position.

Non, ils sont morts parce qu'ils représentaient nos libertés. Celle de nos opinions, celle de notre presse, celle de nos consciences. Ils sont morts au nom de la religion, manipulée par une politique internationale qui tend vers une forme de suprémacisme musulman par le bruit et la fureur, par le djihad armé.

Ce sera le procès de djihadistes français, mais pas du djihad. Le procès des porte-flingues français d'un fascisme terroriste mondial, d'une hégémonie qui continue partout en France de nourrir des esprits manipulables, qui constituent le terreau de la mort contre les libertés.

La cible, c'est nous tous. Leurs cibles, c'est vous, moi.

Ce sera le procès des terroristes vivants, le procès de leurs complices vivants, mais pas de ce qui a conduit au terrorisme.

Ce ne sera pas le procès de ceux qui ont justifié ces crimes, ni de ceux qui ont relativisé ces crimes, ni de ceux qui ont toléré ces crimes au nom de leurs idéologies politiques, leurs opinions religieuses, ou parfois au nom de leur lâcheté intellectuelle.

ce ne sera pas le procès des "pasdamalgamistes", des ''je suis Charlie mais'', ni de ceux qui ont toléré que les victimes de Charlie ou de l'Hyper Casher soient mises sur le banc des accusés, avant même de questionner le terrorisme, le djihad armé ou Daesh.

Ce ne sera pas le procès de ceux qui ont accusé la République, la laïcité, la France ou la Nation d'avoir armé des français contre la France.

Ce ne sera pas le procès de ceux qui ont accusé l'opinion d'islamophobie, de racisme, ni de ceux qui ont exigé des français une résilience bon teint, dans le déni du stress post-traumatique lié à ces journées mortelles.

Ce ne sera pas non plus le procès de ceux qui ont politiquement étouffé les bruits sourds des prémices de la division entre les citoyens, et ni de ceux qui ont fermer les yeux sur ce qui a permis un certain 14 juillet ou un 13 novembre.

Ce ne sera pas non plus le procès de ceux qui ont retourné leur veste, qui ont thésaurisé la haine, qui ont essentialisé l’immense majorité des croyants, qu’évidemment personne n’imagine être en collusion avec Daesh.

Ce ne sera pas non plus le procès de ceux qui ont retourné des citoyens contre la République, contre la France, en les persuadant d'être victimes d’islamophobie ou de blasphème.

Parce que ce sera le procès du blasphème, de la liberté de conscience, de la liberté d'opinion. C'est de cela que va traiter ce procès. D'une tuerie qui revendique que le blasphème soit vengé par les armes, que la liberté de conscience - dernier rempart contre la folie religieuse - soit anéantie, et que l'opinion et le débat d'opinion fassent silence dans le sang.

C'est celui-là le procès qui s'ouvre dans le pays des libertés fondamentales, celui des assassinats mâtinés d'antisémitisme violent, contre la liberté, contre la République. Des assassinats au nom d'un fascisme qui se terre au sein d’une sous-nation dirigée par Dieu et ses préceptes.

Un fascisme qui instrumentalise des citoyens en parlant en leur nom sans les consulter. Un fascisme qui parle au nom des croyants en les privant de leur statut de citoyens.

 

À l'issue de ce procès nous saurons ce qui c'est passé à la minute, mais nous n'aurons rien appris sur ce que cette idéologie fasciste, qui pourrit depuis les caves les plus obscures de la société post-Charlie jusqu'à la tête de l'État, aura provoqué comme scissions ou séparatismes.

Car pendant que nous jugerons des individus, les idées, elles, continueront de se propager jusqu'aux futurs procès d'autres assassins, formés de l'autre côté du gouffre qui sépare la République du fascisme islamiste.

Toute la question de ce procès sera de savoir si nous sommes encore libres de dire, d'écrire, de dessiner, d'exposer notre opinion, de la nourrir ou de la faire vivre, alors qu'on sait qu’en face se prépare sûrement une réponse sanglante au nom de Dieu.

La question sera de savoir si collectivement, animés par le feu sacré de nos libertés de citoyens de la République, nous serons encore assez unis pour les défendre.

La question sera de savoir si nos libertés guident toujours nos pas, et si elles pourront continuer de le faire.

Mais au moins nous saurons ce qui s'est passé ces jours maudits, où nos concitoyens sont morts au nom de Dieu, dans le tak, tak, tak et aux cris d'Allah Akbar.

Nous ne saurons pas ce qui se trame aujourd'hui à notre insu, ni de quoi l'avenir sera fait.

Mais nous saurons comment la guerre psychologique se transforme en assassinat. Nous saurons comment se prépare un assassinat.

Mais nous ne saurons pas si nous sommes en guerre, si nous allons déclarer une guerre et surtout si nous sommes assez nombreux pour la gagner.

À l'issue de ce procès nous saurons s’il est encore possible de se déclarer libres.

Mais nous ne saurons pas si nos libertés ont un avenir. Nous ne saurons pas si le fascisme a un avenir. Nous ne saurons pas si être Charlie suffira à préserver nos libertés.

Ce que nous saurons c'est qu'être Charlie, c'est marcher avec nos morts aux côtés des libertés que nous chérissons, aux côtés de la République, de la laïcité, aux côtés de tous les citoyens qui ne souhaitent pas la mort de nos libertés, celle de nos consciences, ou la nôtre.

Il est temps pour la justice de statuer sur les événements de janvier 2015. De juger les Hommes. De répondre aux questions soulevées par la perte de nos libertés.

Mais il est aussi temps de questionner l'avenir, car ce procès ne le fera pas. Mais nous, nous le devons aux morts de Charlie, à la policière abattue, aux juifs de l'Hyper Casher, tous assassinés au nom de Dieu, dans le bruit du tak, tak, tak, mais bien plus libres que nous ne le sommes aujourd'hui.

Pour toujours et à jamais,

Nous sommes Charlie,

Je suis Charlie.

Date de dernière mise à jour : 08/09/2020

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